L’année 2020 a été une année particulière.

Alors que la France connaissait, fin 2019-début 2020, une période de tensions sociales avec une crise de l’Hôpital et de la Santé comme nous en avions rarement connu, le Coronavirus s’est imposé brutalement à nous; l’urgence a alors été la réponse à la crise sanitaire.

Tous les soignants se sont mobilisés et ont donné leur maximum alors que les autorités semblaient perdues et n’étaient pas très aidantes.

Les pédiatres, qui s’inquiétaient légitimement du risque d’épidémie chez les enfants, se sont beaucoup impliqués dans l’observation et la réflexion sur cette maladie.

Dans ce contexte, le SNPEH avait décidé de mettre en pause les revendications syndicales et de se servir de son yahoogroup pour diffuser l’information scientifique qui lui parvenait autant que faire se peut et créer un lien entre les pédiatres hospitaliers, ce qui était déjà l’une de ses vocations.

Le monde pédiatrique hospitalier, finalement peu touché (les enfants sont peu malades de la COVID), a montré sa solidarité au monde des adultes, en particulier les services de réanimation.

Les pédiatres libéraux n’étaient pas en reste, faisant preuve d’un grand dynamisme au service des jeunes patients.

Les enfants ont finalement plus souffert du stress et de la déscolarisation que de la maladie.

Puis, le gros de la crise semblant passé, vinrent le Ségur et ses promesses, aboutissement déclaré de la reconnaissance aux soignants pour leur action, leur abnégation. 

Différentes instances ont été mobilisées et le SNPEH a participé au travers de l’INPH, son intersyndicat, du Conseil National Professionnel de Pédiatrie et, pour certains membres du CA, aux réflexions des collectifs mais à titre individuel. Il a donc préféré rester concentré sur ces actions que sur des annonces ou revendications qui auraient pu être « parasites ».

Après des négociations interminables et conflictuelles (ce qui est illogique car les soignants auraient dû être mieux écoutés compte tenu de la démarche), un accord a été signé avec certains intersyndicats dont l’INPH. Mais les avancées obtenues nous ont paru largement insuffisantes et laissé un goût amer.

Cependant, nous avions l’espoir de voir se réaliser la promesse par le gouvernement aux signataires de participer à des réunions de travail dès septembre.

Les réunions ont, depuis, débuté, mais les Intersyndicats non signataires en avaient été exclus. Or, on retrouve chez eux les obstétriciens, l’essentiel des anesthésistes-réanimateurs, des urgentistes et des gériatres.

Le Conseil d’Etat a heureusement permis à ces Intersyndicats d’être inclus dans les réunions: le SNPEH salue cette décision de sagesse et de démocratie! (Il semblerait cependant que les réunions soient d’abord celles laissées « en plan » de Ma Santé 2022).

Cependant, le SNPEH reste dubitatif quant à l’efficacité de ces réunions et la bonne foi du gouvernement.

Bien que n’ayant pas pu participer à la grève du 15 octobre, nous en soutenons les revendications légitimes que le Ségur n’avait pas satisfaites, loin s’en faut (manque de moyens humains et matériels en particulier)!

La nouvelle situation sanitaire est préoccupante: nous avons pu craindre que les épidémies hivernales, habituellement compliquées, le soient encore plus en raison de la COVID (plus de chambre double à cause des accompagnants). Cependant, nous sommes face à une diminution de l’activité en pédiatrie, au moins dans certaines régions, et avec un redéploiement dicté par l’urgence de la situation, de soignants, essentiellement paramédicaux, vers les services d’adultes et surtout les unités COVID.

Personne ne semble vraiment capable d’envisager quand et comment cette crise sanitaire  s’arrêtera ni si nous risquons de subir les épidémies habituelles à la Pédiatrie ou si elles seront atténuées pas les « mesures barrière » de la COVID.

Malgré l’importance de tout faire pour affronter cette situation, il faudra rester fermes pour revendiquer les moyens dont l’Hôpital et la Santé ont besoin, en particulier la Pédiatrie, à l’issue de cette nouvelle crise sanitaire (qui met à nouveau en exergue leurs manques criants) .

Il faut suivre les avancées des réunions actuelles, censées fonder les bases d’une nouvelle organisation de la Santé (si tant est qu’elles puissent toujours avoir lieu).

Il faudra certainement remettre en question les accords de juillet dont les apports sont nettement insuffisants.

Le SNPEH restera vigilant et prendra les décisions qui s’imposent.

Bon courage à tous. Faites attention à vous.

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