Le SNPEH, comme dit il y a quelques semaines, soutient les personnels des services d’urgences dans leurs revendications pour de meilleures conditions de travail.
Cependant, le SNPEH tient à rappeler qu’au moins 25% des patients consultant en urgence sont des mineurs qui sont vus pour plus de la moitié dans des services d’urgences pédiatriques et donc, essentiellement, par des pédiatres.
Il est important de le rappeler à madame Buzyn qui, quand elle évoque le consumérisme médical aboutissant à une surutilisation des urgences devant le MEDEF, prend l’enfant fébrile en exemple, sans plus de précision (et nous savons tous que cela correspond à des situations extrêmement variées).
Ces pédiatres ont souvent en charge, en plus des urgences pédiatriques, les lits de médecine pédiatrique (qui sont l’essentiel de l’aval des urgences), voire très souvent la maternité et la néonatologie. Cette situation correspond à la majorité des services de pédiatrie des hôpitaux non universitaires, et provoque une surcharge de travail compliquant la tâche des pédiatres. Cette difficulté est majorée par l’augmentation de fréquentation des urgences pédiatriques et aux difficultés à trouver des lits d’aval (fermetures de lits), surtout pendant les pics épidémiques avec une absence d’adaptation des moyens disponibles.
Les services des Hôpitaux Universitaires sont à peine mieux lotis avec des pics épidémiques et des problématiques de lits d’aval parfois plus marqués.
Que ce soit dans le monde pédiatrique comme dans le reste du monde médical, la problématique actuelle, même si elle est plus visible pour le public (les services d’urgences sont la vitrine de l’hôpital), n’est pas que celle des services d’urgences; on ne résoudra pas la situation en apportant quelques moyens en plus à ces services surtout sans concertation avec les professionnels de santé dans leur ensemble.
La crise actuelle des urgences traduit en fait un mal plus profond de la Santé en France auquel la loi Ma Santé 2022 ne répond pas. Les Communautés Territoriales Professionnelles de Santé ne semblent pas apporter de solution satisfaisante, voire posent de nouveaux problèmes.
Il faut replacer le patient avec ses besoins dans une filière de soins organisée correspondant à chaque cas. Il faut donc que les moyens accordés et les organisations suivent.
Il n’est plus possible d’accorder aussi peu de respect aux patients et aux soignants et il faut redonner à la Santé en France son exemplarité à la face du Monde.

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