
direction de l’hospitalisation
et de l’organisation
des soins
Sous-direction des professions médicales
et des personnels médicaux hospitaliers (M)
Personne chargée du dossier : R. CATELAND
Téléphone : 01.40.56.52.90
Télécopie : 01.40.56.53.54
e-mail : renaud.cateland@sante.gouv.fr
à
Mesdames et messieurs les
directeurs
d’agence régionale de
l’hospitalisation
pour information et mise en œuvre
Madame et messieurs les
préfets de région
Direction régionale des
affaires sanitaires et sociales
pour information et mise en œuvre
Mesdames et messieurs les
préfets de département
Direction départementale des
affaires sanitaires et sociales
pour information et mise en œuvre
Mesdames et messieurs les
directeurs d’établissement
pour information et mise en œuvre
Circulaire DHOS/M2/2002/N° 58 du 30 janvier 2002
relative à la mise en œuvre du protocole d’accord du 22 octobre 2001 relatif à
l’aménagement et à la réduction du temps de travail des médecins, pharmaciens
et odontologistes hospitaliers.
|
Date d’application : immédiate |
|
Résumé : la mise en place de la RTT des
médecins, pharmaciens, biologistes et odontologistes. |
|
Textes de référence : - Décret n°84-131 du 24 février 1984 modifié portant statut des praticiens hospitaliers ; - Décret n°85-384 du 29 mars 1985 modifié portant statut des praticiens exerçant leur activité à temps partiel ; - Décret n°87-788 du 28 septembre 1987 modifié relatif aux assistants des hôpitaux; - Décret n°93-701 du 27 mars 1993 modifié relatif aux praticiens contractuels des établissements publics de santé . - Décret n°95-569 du 6 mai 1995 modifié relatif aux médecins et pharmaciens recrutés par les établissements publics de santé, les établissements de santé privés participant au service public hospitalier, et l’Etablissement français du sang; - Arrêté du 14 septembre 2001 relatif à l’organisation et à l’indemnisation des services de garde et à la mise en place du repos de sécurité dans les établissements publics de santé autres que les hôpitaux locaux. |
Le 22 octobre 2001, le gouvernement a signé avec les quatre organisations syndicales représentant les personnels médicaux hospitaliers un protocole sur la réduction et l’aménagement du temps de travail des personnels médicaux.
Ce protocole, qui confirme
et complète les acquis du protocole du 13 mars 2000, constitue le cadrage
national des conditions dans lesquelles doit se faire l’aménagement et la
réduction du temps de travail d’une part, et l’intégration des gardes dans le
temps de travail d’autre part.
Il concerne les praticiens
hospitaliers à temps plein, les praticiens hospitaliers à temps partiel, les
praticiens adjoints contractuels, les praticiens contractuels et les
assistants.
L’objet de cette circulaire est de préciser les conditions et le calendrier d’application de l’aménagement et de la réduction du temps de travail des médecins, pharmaciens, biologistes et odontologistes en distinguant les mesures applicables en 2002, année de transition, et celles applicables en 2003. En particulier, vous sont indiquées les modalités de gestion des premiers mois de 2002, dans l’attente de la publication des textes réglementaires nécessaires à la mise en œuvre du protocole d’accord.
La définition des obligations de service hebdomadaires est inchangée et reste exprimée en demi-journées. En 2002, à titre transitoire, les gardes continuent d’être effectuées en dehors des obligations hebdomadaires de service.
Restent incluses dans les obligations hebdomadaires de service les demi-journées d’activité d’intérêt général dans lesquelles s’inscriront à compter de l’automne 2002 les contrats d’enseignement et de recherche, les demi-journées d’activité libérale, toutes les activités liées au service hospitalier s’inscrivant dans le cadre de coopérations, réseaux, activités multi-établissements, ainsi que les périodes de formation continue telles qu’elles sont définies par les différents statuts.
A
compter du 1er janvier 2002, les personnels médicaux à temps plein
concernés par le protocole du 22 octobre 2001 bénéficieront de 20 jours de RTT
(jours ouvrés). Le
nombre de jours de travail annuel passera donc de 227 à 207 jours soit 414
demi-journées (365 - 104 jours de week-end – 9 jours fériés – 25 jours ouvrés
de congés annuels – 20 jours ouvrés de RTT).
Pour
les praticiens hospitaliers à temps partiel, les PAC à temps partiel, les
assistants à temps partiel, les praticiens contractuels à temps partiel et les
praticiens hospitaliers temps plein exerçant une activité hebdomadaire réduite,
le nombre de jours de congé obtenus au titre de la RTT sera calculé au prorata
du nombre de demi-journées travaillées.
Les
jours de RTT ne seront acquis qu’après accomplissement de périodes d’activité
dûment constatées, selon des modalités qui seront précisées par les textes
réglementaires. Ils pourront être pris au fur et à mesure de l’ouverture des
droits ou être capitalisés sur un Compte Epargne Temps (CET), en fonction des
conditions d’exercice dans les établissements, des nécessité de service et des
souhaits des intéressés.
En tout état de cause, si
l’ouverture de droits court à compter du 1er janvier, les jours de
RTT ne seront utilisables qu’à partir de la publication des textes
réglementaires qui en préciseront les modalités d’ouverture et d’utilisation.
Un décret fixant le nombre de jours RTT et leurs modalités d’utilisation est en préparation. Il a été soumis à l’examen du Conseil supérieur des Hôpitaux le 15 janvier 2002.
La publication de ces textes est prévue pour la fin février 2002.
L’utilisation
des jours RTT nécessitera un suivi et une organisation qui s’inscrivent dans la
gestion des tableaux de service. La production régulière des tableaux de
service par les services est donc plus que jamais nécessaire.
Le protocole d’accord du 22 octobre 2001 prévoit d’accompagner la réduction forfaitaire du temps de travail des personnels médicaux hospitaliers par l’instauration d’un compte épargne temps, permettant une grande souplesse d’utilisation des jours libérés.
L’accès à ce nouveau dispositif sera ouvert à compter du 1er janvier 2002. Un décret, en cours de préparation, viendra en préciser les modalités de constitution et d’utilisation. Sa publication est également susceptible d’intervenir avant la fin février 2002.
Sans
attendre ces publications, les précisions suivantes peuvent être
apportées :
- seuls les congés
ou les compensations non soldés à partir de l’année 2002 ouvrent droit à
alimentation du CET dans la limite de 10 jours de congés et de 30 jours au
total par an;
-
au
cours des congés ouverts au titre de la RTT et du CET, le bénéficiaire sera
considéré comme étant en position
d’activité. Les seules activités compatibles avec un congé au titre de la RTT
sont celles prévues pour chacune des
catégories statutaires selon les droits et modalités prévus dans leur statut
respectif. Il en résultera pour lui une interdiction absolue d’exercer, pendant
ces périodes, toute activité rémunérée. A titre d’exemple, s’agissant des
praticiens hospitaliers temps plein, les seules activités compatibles avec un
congé au titre de la RTT seront la production d’œuvres scientifiques,
littéraires ou artistiques ; les activités de formation mutuelle exercées
par les psychiatres en dehors de leurs obligations de service ; les
expertises ou consultations que les praticiens hospitaliers peuvent être
autorisés à effectuer ou à donner sur la demande, soit d’une autorité
administrative ou judiciaire, soit de personnes ou d’organismes privés ;
les activités de chargé de mission d’inspection de pharmacie effectuées par les
pharmaciens des hôpitaux .
La revalorisation des déplacements en astreinte des personnels médicaux, prévue dans le protocole du 22 octobre, sera effective au 1er janvier 2002. Un arrêté relatif à sa mise en œuvre est en cours de signature. L’indemnisation du déplacement passera de 50,16 Euros à 61 Euros.
S’agissant de l’intégration des temps de déplacement dans le temps de travail, les dispositions de l’article 17 de l’arrêté du 14 septembre 2001 relatif à l’organisation et à l’indemnisation des services de garde et à la mise en place du repos de sécurité resteront applicables en 2002 et seront adaptées en 2003 pour prendre en compte l’intégration des gardes dans le temps de travail.
Seront éligibles à ce nouveau
dispositif tous les assistants recrutés à compter du 1°janvier 2002 ou dont le
contrat sera renouvelé à compter de cette date, sous réserve qu’ils remplissent
les conditions pour signer un engagement de 2 ou 4 ans. Cet engagement fera
l’objet d’un avenant à leur contrat après publication des textes
réglementaires.
L’intégration
des gardes dans le temps de travail imposée par la directive européenne 93/104
concernant certains aspects de l’aménagement du temps de travail sera effective
à compter du 1° janvier 2003. Les décrets statutaires des personnels concernés
seront modifiés pour prendre en compte cette mesure et redéfinir le temps de
travail et les obligations hebdomadaires de service.
L’application
de cette mesure nécessite une réflexion approfondie dans chaque établissement
et le développement opérationnel de coopérations inter-établissements. Les
réorganisations qui s’en suivront devront faire l’objet de concertations au
niveau des établissements et être adoptées dans le courant de l’année 2002 par
les CME et les Conseils d’administration des établissements. Pendant l’année
2002, à titre transitoire, le système actuel des gardes est maintenu.
Une indemnité de sujétion
sera créée pour rémunérer les plages de travail de nuit, de week-end et de
jours fériés, intégrées dans les obligations de service.
Une indemnité de plage
additionnelle sera créée pour rémunérer le travail effectué – sur la base du
volontariat – au-delà des obligations de dix demi-journées hebdomadaires de
service (ou de 48 heures hebdomadaires pour les services organisés en temps
continu).
Elaboration des projets d’organisation médicale
Le
nouveau dispositif appelle une réorganisation du temps médical à l’hôpital
public, qu’il convient de préparer dès à présent.
C’est
pourquoi il vous appartient d’inviter les établissements à élaborer et mettre
en œuvre les mesures de réorganisation rendues nécessaires par la modification
du système de permanence des soins.
Chaque établissement
élaborera un projet de réorganisation médicale qui devra vous être transmis au
plus tard pour le mois de juin 2002.
Ce projet devra rechercher
notamment les possibilités de mutualisation des moyens en personnel médical
aussi bien à l’intérieur de l’établissement qu’entre établissements voisins,
avec pour objectif la meilleure prise en charge des besoins de santé au sein
des bassins de vie, tels qu’ils auront été définis par les SROS. Il devra être
l’occasion pour les différents acteurs d’approfondir et de relancer les
dispositifs de coopération inter-hospitalière.
Ce projet devra également
prendre en compte l’impact de l’organisation médicale sur l’organisation du
travail des personnels non médicaux et faire le lien entre l’ARTT des
personnels relevant de la fonction publique hospitalière et la réorganisation
de l’activité médicale.
Compte tenu des spécificités
de l’organisation médicale il n’est pas prévu d’accord local pour la mise en
œuvre du protocole du 22 octobre 2001. Le projet d’organisation médicale devra
être soumis aux avis des instances de l’établissement, commission médicale
d’établissement et conseil d’administration, avant de vous être transmis.
Vous
allouerez à chaque établissement, sur la base des projets de réorganisation
médicale et après concertation sur les modalités de mise en œuvre du
dispositif, les moyens nécessaires en distinguant à effet du 1/01/02 les
mesures immédiates (revalorisation des déplacements en astreinte et contrats
d’engagement pour les assistants) et la répartition des postes médicaux.
Vous
rappellerez aux chefs d’établissement et aux responsables médicaux le caractère
indispensable des tableaux de service. En effet, ces tableaux de service,
deviendront le support de la mise en application de la nouvelle définition du
temps de travail médical à l’hôpital.
Les besoins en personnel médical ont été évalués à 3500 emplois supplémentaires pour mener à bien la réduction et l’aménagement du temps de travail. Une première tranche portant sur le recrutement de 2000 médecins, pharmaciens, biologistes et odontologistes (dont la moitié au moins de PH), se fera sur deux ans.
Les
critères de répartition des moyens entre régions et intra-régionaux ne seront
définitivement arrêtés qu’après consultation du comité national de suivi.
S’agissant des critères de
répartition des moyens entre les établissements de votre région, ils devront
prendre en compte des efforts de réorganisation médicale et de mutualisation
des moyens de permanence médicale et des plateaux techniques que feront
apparaître les projets d’organisation médicale.
Le suivi de la mise en oeuvre du protocole du 22
octobre 2001 est organisé en trois niveaux géographiques, associant pouvoirs
publics et partenaires sociaux.
Un comité de suivi de la
mise en œuvre du protocole est mis en place au niveau national. Présidé par le
Directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins, il est composé
de représentants des organisations représentatives des professions médicales
signataires du protocole.
Le comité national est
informé et consulté sur :
-
les
modalités d’organisation des comités de suivi des trois niveaux ;
-
les
critères de répartition des moyens entre régions ;
-
les
projets de modifications réglementaires ;
-
l’analyse
des remontées d’informations en provenance des comités régionaux. A cet effet,
vous veillerez à me transmettre les bilans d’action réalisés par les comités
régionaux à fin de communication au comité national. En outre, ce dernier sera
destinataire des synthèses régionales des diagnostics réalisés dans les
établissements au printemps 2001 ;
-
la
méthode de l’évaluation nationale du dispositif et ses résultats.
Le comité national se réunit
au moins une fois par trimestre.
Comités régionaux de suivi
Les comités régionaux de
suivi sont présidés par le Directeur de l’Agence Régionale de
l’Hospitalisation.
Dans un souci de simplification
et de plus grande cohérence, les comités régionaux mis en place pour le suivi
du protocole du 22 octobre 2001 assureront également le suivi de la mise en
œuvre du protocole du 13 mars 2000.
En outre, les comités
régionaux de suivi s’appuieront sur les travaux de la commission consultative
régionale chargée du suivi de la mise en place du repos de sécurité, prévues à
l’article 11 de l’arrêté du 14 septembre 2001 relatif à l’organisation des
services de gardes et à la mise en place du repos de sécurité dans les EPS
autres que les hôpitaux locaux.
Chaque organisation
syndicale signataire du protocole représentant les personnels médicaux, y est
représentée par deux membres, soit huit membres au total.
Les autres membres
sont :
- le Directeur Régional des Affaires Sanitaires et
Sociales ;
- un membre représentant la Conférence des
directeurs généraux de CHU ;
- un membre représentant la Conférence des
directeurs de Centres Hospitaliers ;
- un membre représentant la conférence des
Présidents de CME de CHU ;
- un membre représentant la conférence des
Présidents de CME de Centres Hospitaliers Généraux ;
- un membre représentant la conférence des
présidents de CME de Centres Hospitaliers Spécialisés ;
- deux membres représentant la Fédération
Hospitalière de France.
Les comités régionaux sont informés et consultés notamment sur les points suivants :
-
les
critères et la répartition des moyens au sein de la région, en cohérence avec
les logiques d’organisations retenues dans le SROS ;
-
la
méthode de l’évaluation régionale du dispositif et ses résultats;
-
les
conditions de mise en œuvre du dispositif au niveau local. Lors de leurs
premières séances, les comités bénéficieront de l’état des lieux du temps de
travail médical réalisé dans les établissements au cours du printemps 2001.
Chaque comité régional se réunit au moins une fois
par trimestre.
Les comités locaux de suivi
sont présidés par le Directeur d’établissement ou son représentant.
Ils sont composés de
représentants des personnels médicaux désignés par la CME et de membres de
l’équipe de direction.
Au niveau de chaque
établissement, vous veillerez à ce qu’une représentation équilibrée entre les
différentes catégories statutaires médicales soit assurée. Les CME ne devront
pas se contenter de désigner des représentants en leur sein : il leur est
demandé que parmi les représentants des personnels médicaux figurent des
médecins ne siégeant pas dans les CME. Plus particulièrement dans les CHU, vous
veillerez à ce que les personnels médicaux non universitaires soient présents
en nombre suffisant.
Dans un souci de
simplification et de plus grande cohérence, les comité locaux de suivi peuvent
être confondus avec la commission des gardes et astreintes prévue au décret du
14 septembre 2001 relatif à l’organisation et à l’indemnisation des services de
garde et à la mise en place du repos de sécurité. Dans ce cas, elle en épouse
la composition.
Les comités locaux sont
associés à l’élaboration du projet d’organisation médicale et à la définition
des complémentarités et coopérations à rechercher, avant sa présentation aux
instances de l’établissement (CME et CA).
Par ailleurs, les comités
locaux sont informés et consultés notamment sur :
-
le
résultat des concertations avec l’ARH et les moyens attribués à
l’établissement ;
-
la
mise en œuvre au sein de l’établissement du dispositif ;
-
la
méthode et les résultats de l’évaluation du dispositif au niveau de
l’établissement.
Chaque comité local se
réunit au moins une fois par trimestre.
En
outre, la DHOS reçoit régulièrement et informe les représentants des
conférences des travaux des comités de suivi.
Vous voudrez bien me faire
part de vos remarques et des difficultés éventuelles que vous rencontrerez dans
la mise en œuvre de la présente circulaire.
DHOS
Sous-direction des professions
médicales et des personnels médicaux hospitaliers
Bureau M2
Pour la Ministre et par
délégation
Le
Directeur de l’hospitalisation
et de l’organisation des soins
Edouard COUTY